Chaque trekkeur qui aperçoit un orang-outan autour de Bukit Lawang doit quelque chose à une Suissesse que la plupart n'ont jamais entendu nommer. En 1973, Regina Frey et la zoologue Monica Borner ont monté une petite station de réhabilitation sur la rivière Bohorok, et les conséquences de cette décision sont encore ce qui attire les gens ici aujourd'hui.

1973 : deux jeunes zoologues face à un problème grandissant

À l'époque, garder un bébé orang-outan comme animal de compagnie était une pratique courante en Indonésie, malgré son illégalité. En capturer un signifiait généralement tuer sa mère au préalable, et pour chaque orang-outan qui atteignait un acheteur, plusieurs autres mouraient dans le processus. Frey et Borner, soutenues par le WWF et la Société zoologique de Francfort, ont entrepris de réparer une petite partie de ces dégâts.

Réapprendre aux orangs-outans à vivre sauvages

Le centre de Bohorok accueillait des orangs-outans confisqués ou remis volontairement, les examinait et les soignait, puis faisait quelque chose qui paraît presque absurde : leur apprendre à grimper aux arbres et à construire des nids, des compétences qu'un animal élevé en cage ou attaché n'avait tout simplement jamais eu l'occasion d'acquérir. Environ 200 orangs-outans ont été progressivement relâchés dans ce qui est devenu le Parc national de Gunung Leuser.

D'un centre de réhabilitation à une destination de trek

Frey et Borner ont confié la gestion quotidienne du centre à Rosalind et Conrad Aveling en 1975, et le programme de réhabilitation lui-même a décliné puis fermé en 2002, Bukit Lawang étant devenu trop fréquenté par les touristes pour rester adapté à ce travail. Ce que les trekkeurs voient aujourd'hui dans la forêt, ce sont en grande partie les descendants de ces orangs-outans relâchés, aux côtés d'individus nés sauvages, vivant dans le parc que le centre a contribué à protéger.

Le travail ne s'est pas arrêté là

Frey est restée impliquée dans la conservation des orangs-outans de Sumatra bien après Bohorok. En tant que présidente de l'ONG suisse PanEco, elle continue de soutenir le programme de conservation des orangs-outans de Sumatra, y compris la recherche et le plaidoyer autour de l'orang-outan de Tapanuli, le grand singe le plus rare au monde, découvert seulement en 2017 dans la forêt de Batang Toru plus au sud.

C'est en partie pour ça qu'on prend aussi au sérieux les règles de distance, de bruit et de nourrissage sur nos treks : les orangs-outans de cette forêt n'existent ici que grâce à des décennies de travail dont la plupart des visiteurs n'entendent jamais parler.

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Le trek de 3 jours, à partir de 170 € par personne.

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